Art et science

Sniper, Guerilla, Shark, Razor et les autres…

 

Tel est le titre de la performance artistique chorégraphique entre des robots et des danseurs sur le thème du trading haute fréquence à laquelle Martin et Joshua, en 4ème année d’Informatique, Microélectronique et Automatique, ont collaboré dans le cadre de leur stage.

 

Pour Emmanuelle Grangier, artiste et metteur en scène, son spectacle sera une « réflexion sur l’économie, sur un phénomène assez récent qui est allé très vite et qui a pris une grande ampleur, qui pose aussi la question du rapport au temps. Les données (activités boursières) conditionneront les chorégraphies. Les robots personnaliseront et matérialiseront sur scène ces algorithmes boursiers. »

 

Le trading haute fréquence ce sont ces algorithmes boursiers qui achètent et vendent des actions sur les différents marchés mondiaux. C’est de l’ordre de la micro seconde, ce n’est donc pas perceptible par les êtres humains. Et c’est l’un des enjeux du spectacle, rendre perceptible à notre échelle ce qu’est le trading haute fréquence.  Il y a une dizaine d’années, c’était des traders humains qui achetaient et vendaient ces actions mais aujourd’hui 90% des transactions sont effectués par ces algorithmes de trading haute fréquence.

 

 La précédente performance chorégraphique d’Emmanuelle Grangier « Link human/robot »

 

Concrètement, les robots seront liés à un algorithme de trading haute fréquence qui a été développé par un ingénieur de recherche du Centre de recherche en informatique de Lens. Cet algorithme, connecté directement à internet, récupère des informations de la bourse.

 

  »Nous on récupère des valeurs de ces algorithmes, comme l’indice de confiance, s’il est plutôt dans un mode d’achat ou dans un mode de vente, son solde,… et à partir de ça on extrapole un comportement qu’on introduit dans les robots. Au final, les robots se déplaceront comme si eux mêmes été connectés à la bourse !  Il y a différents tableaux dans ce spectacle et les robots évolueront également avec des danseurs, il y aura des interactions entre eux. Les  danseurs seront eux aussi connectés à la bourse; ils auront des patchs sur eux qui en fonction des algorithmes enverront des impulsions électriques.

 

On a d’abord réfléchi au type de robot qu’on allait développer et dupliquer. On a choisi de travailler sur un certain prototype de robot : avec une structure en bois car on pu travailler au FabLab de Polytech avec les outils dont nous avions besoin pour la réalisation (découpe laser).

 

Le prototype a évolué jusqu à ce qu’il nous donne entière satisfaction. On est ensuite passé à la phase de production des 12 autres ! Toujours au FabLab de l’école

 

Comme il va y avoir une tournée en France, il fallait que ces robots soient robustes (transport), faciles d’utilisation (13 robots à mettre en place rapidement tout de même !) tout cela avec une contrainte budgétaire.

 

Le fait de travailler avec une artiste, ça a été très intéressant pour nous. Cela nous a permis aussi d’avoir une autre vision de notre travail. Par exemple Emmanuelle Grangier est venue avec sa vision, sans un cahier des charges très précis comme nous en avons l’habitude en tant qu’élève ingénieur. Même si elle avait déjà travaillé en amont avec des chercheurs (laboratoire CRIStAL), et que cet échange avait nourri son projet, la phase de travail avec nous a également fait évoluer le spectacle. »

 

Découvrez le projet en vidéo 

 

 

Sniper, Guerilla, Shark, Razor et les autres : première représentation en janvier 2017 !